Adèle Singier Thérapeute familiale · Lyon

Devoirs · Autonomie

Devoirs en autonomie : pourquoi vos stratégies ne fonctionnent pas

Charge mentale, autonomie, conflits du soir : ce que j'observe en cabinet et chez moi.

Une élève boude au-dessus de son cahier, crayon à la main

Les devoirs, le sujet qui revient sans cesse

Les devoirs. LE sujet qui revient le plus souvent dans mon cabinet — et dans ma propre maison, soyons honnêtes.

Après des années à observer ça chez les autres et à le vivre moi-même avec mes quatre enfants, j'ai fini par remarquer un truc : notre façon de pousser nos enfants vers l'autonomie en termes de travail scolaire (et pas que) est très paradoxale.

On attend qu'il devienne autonome… tout en faisant à sa place

On pense : « ça va bien finir par venir ». Alors on attend sagement que l'enfant devienne miraculeusement autonome tout seul, à coups de « quand même, ce serait bien que tu sois un peu autonome, je comprends pas pourquoi tu sais pas faire ça tout seul. »

Spoiler : ça ne marche pas terrible. Et à l'adolescence, on risque de se prendre une balle perdue en retour !

En attendant ce miracle, par la force des choses, on s'en charge ! On vérifie, on vérifie, on vérifie. Le matériel, le cahier de textes, le sac.

Chez nous, c'était le réveil de l'aîné : des années à vérifier son emploi du temps tous les soirs pour le réveiller à la bonne heure le lendemain. Résultat : zéro erreur, zéro oubli… et zéro autonomie ! Parce qu'il y a toujours papa ou maman en filet de sécurité. Pourquoi est-ce qu'un enfant irait réfléchir tout seul, si on le fait parfaitement à sa place ?

Le problème, c'est qu'un jour son planning a changé sans qu'on le sache, et là, il a bien fallu faire un virage à 180 : « Mon chat, maintenant c'est à toi de gérer ton réveil. Si tu ne le fais pas, comme tu es au lycée, ça risque de se transformer en heures de colle, et on en est désolés, mais c'est à toi de gérer. »

Résultat ? 2 pannes de réveil sur 3 ans de lycée… Ça valait le coup de le responsabiliser !

Pourquoi on n'arrive pas à lâcher prise

Parce que ça revient à faire un choix cornélien entre :

  • laisser mon enfant gérer seul et faire des erreurs qui peuvent potentiellement lui coûter cher (même si vos soirées prennent d'un coup une autre tournure) ;
  • le prendre en charge et m'assurer que tout aille bien, au prix de ma charge mentale.

Je sais que vous rêveriez d'une 3e voie, celle où on laisse les enfants se gérer et où tout se passe merveilleusement bien, sans mauvaise note, et sans perte de carte de cantine. Ce chemin-là, rempli de paillettes et d'aqualicornes, n'existe pas. Et j'en suis désolée.

Deux voies, deux prix à payer

Vous allez devoir faire un choix, difficile.

Si vous prenez en charge, ça va être relou pendant un temps. Il va falloir insister, parfois forcer un peu, et accepter que votre ado ne soit pas franchement ravi de vous avoir sur le dos. Et c'est son droit le plus strict de ne pas être content — c'est même plutôt sain. À l'adolescence surtout, votre relation avec votre enfant peut devenir franchement conflictuelle sur la question de l'école, mais les résultats se maintiendront et vous ne prendrez pas de risque.

Si vous responsabilisez votre enfant, ça veut dire que parfois il va se planter. Vraiment se planter : cartes de bus perdues (j'en ai eu une dans le Rhône, true story), DM de maths oublié sous une pile, classeur de français laissé à la maison, heures de colle en conséquence, voire notes franchement limites. Mais votre relation sera fluide et votre charge mentale divisée par 10.

Ce n'est pas un choix qui se juge. Ce n'est pas plus noble de choisir l'un que l'autre. C'est un choix hyper personnel, et il a le droit d'être différent pour chacun de vos enfants — moi, je n'ai clairement pas la même ligne de conduite avec mes quatre.

Résultats ou relation : un choix qui vous appartient

Je dis souvent aux parents que j'aimerais choisir à leur place et leur éviter cette lourde responsabilité. Malheureusement, c'est impossible : même avec mon bagage de thérapeute et mes quatre cobayes à la maison, je suis bien incapable de savoir ce qui vous convient le mieux, à l'instant T.

Le seul conseil que je peux vous donner, c'est de vous poser la question sincèrement, sans jugement, posément, loin du regard de qui que ce soit — y compris le mien. Et de vous apporter beaucoup de bienveillance et de douceur, mais aussi de la souplesse (vous avez le droit de changer de voie, même en cours de route).

Et si les devoirs sont devenus un champ de bataille chez vous, que vous ne savez plus quelle voie choisir ou que rien ne semble fonctionner, c'est précisément ce que je travaille avec les parents dans mon accompagnement autour des devoirs et du travail scolaire.

Prenez soin de vous.

Vos questions

Faut-il aider mon enfant à faire ses devoirs ?

Il n'y a pas de bonne réponse universelle. Aider garantit souvent les résultats, mais peut transformer chaque soirée en bras de fer. Laisser faire allège votre charge mentale et apaise la relation, au prix de quelques erreurs. L'important, c'est de choisir en conscience ce qui vous convient, à vous et à cet enfant-là, et de vous autoriser à changer d'avis.

Comment rendre mon enfant autonome pour ses devoirs ?

L'autonomie ne vient pas toute seule : elle s'apprend en ayant le droit de se tromper. Tant qu'un parent vérifie tout, l'enfant n'a aucune raison de le faire lui-même. Lui confier vraiment une responsabilité, et accepter qu'il se plante parfois, c'est souvent ce qui le fait progresser le plus vite.

Mon enfant n'aime pas travailler, est-il paresseux ?

Rarement. Derrière ce qui ressemble à de la paresse, il y a souvent du découragement, une peur de l'échec, un trouble dys non repéré ou un bras de fer installé avec l'adulte. Plus on pousse, plus l'enfant résiste. Comprendre ce qui entretient la situation permet souvent de la débloquer.

Vous vous reconnaissez dans ces situations ?

Un appel téléphonique de 20 minutes, offert et sans engagement, pour en parler.

Réserver l'appel découverte
Appel découverte offert